Guyane Française, Balade en Amazonie


Voyage / mercredi, avril 18th, 2018

Quelques semaines passées en France, me voila à nouveau sur le départ. La nature me manque, l’aventure, cette liberté que j’ai tant rechercher pour me trouver.

Je suis toujours à la recherche de quelque chose alors il est temps que je reprenne mon pèlerinage.

Me sentant guidé par quelque chose, je fonce vers une nature dense et sauvage, aux multiples fleuves et à la terre ocre…

Avant le départ, je m’arrête à Paris, je savoure ces ruelles d’Orsay au Palais Royal, l’architecture des monuments,l’animation, la lumière, ces cafés de rue qui semble nous amenés dans un village. Je regarde Paris différemment, pas comme d’habitude…

J’ai toujours regardée la capitale avec beaucoup d’émerveillement, cette ville d’art, grandiose, de souvenirs, de mouvements intenses.

Ce mardi soir avant le décollage du lendemain matin, je marche tranquillement (malgré le poids de mon sac à dos), je me sens bien, avec une belle excitation au ventre.

Tant d’émotions et de générosité avant ce nouveau changement qui se prépare. Une amie de ma mère m’héberge dans le 1er non loin du Palais Royal. Je prends un verre avec ces amis, des échanges agréables, d’une rare simplicité, de belles rencontres.

Un nouveau continent …

Je pense, que personne n’a jamais rêvé d’aller dans cet endroit minuscule de l’Amérique du Sud et pourtant, il atterrit sur ma liste de voyage, La Guyane.

Me voilà à Orly, après un long trajet embouteillé avec Uber, je me trouve devant les portes d’embarquement avec beaucoup de stress et d’anxiété. L’inconnu me fait appréhender … et cette phobie de l’avion me joue des tours, dès que je doute de moi. Pourtant je suis là, face à  AirFrance, je ne peux que y aller puisque plus rien ne m’attends ici.

En atterrissant à Cayenne, je vois uniquement des arbres à perte de vue, des fleuves se mêlant à l’océan. Dépaysement total, aux antipodes de ce que je vois habituellement.

Le débarquement est dur, le climat est chaud, lourd, et humide, l’impression d’étouffer, ce qui peut être inconfortable à certains moments.

Je suis là pour une raison que mon coeur ignore, mais mon âme, elle, sait.

Dès mon arrivée quasiment je fais des recherches sur se qui est ma nouvelle vie, le bien-être.

En premier lieu je recherche des cours de yoga, et un temple bouddhiste tibétain afin de pouvoir continuer les pratiques au sein d’une sangha.

Culture …

Une terre assez riche de part ses ethnies multiples et riches, on compte à présent une vingtaine de cultures ayant chacune sa langue. Une ressemblance avec La Réunion, dans le fait qu’on ne ressente pas forcément ces différences.

Les Amérindiens encore présent sur le territoire ont réussis à conserver leurs coutumes et traditions ancestrales.

Sur une démarche humaniste, en tant que français, ce territoire fait partie de notre héritage, souvent maltraité pour leurs richesses. JE PENSE….Il serait important que chacun puisse y mettre du sien en respectant son environnement dans l’optique de protéger ces territoires aux riches cultures.

Bushinengés, une population qui vit principalement le long du fleuve Maroni, sont les descendants des exploitations de Guyane Hollandaise qui se sont enfouis. Ils ont appris à vivre par eux même au sein de la nature. Ils sont devenus des experts dans la navigation fluviale et le maniement des pirogues.

Réputés pour leur travail artisanal du bois, leurs oeuvres peintes et sculptés méritent d’être emportées.

Les créoles guyanais, issus d’un métissage au sein d’un territoire sont majoritaires. Leur langue diffère du créole précédemment écouté à La Réunion.

Les « métros » sont arrivés dans les années 60 suite à l’installation de la station spatiale à Kourou.

Les Hmong, dont je parle ci-dessous, ont fuit la répression, dont ils ont été victimes à la fin de la guerre d’Indochine. A la fin des années 80, ils sont installés dans la commune de Roura à Cacao, où ils s’adaptent rapidement.

Les autres populations sont issues des pays voisins tels que le Brésil et le Surinam arrivés dans les années 60. Je rencontre également des hindous, des vietnamiens, ou encore des péruviens, un maillage culturel  offrant un large choix gastronomique par exemple.

A table …

Aux vues des nombreuses ethnies sur le territoire, chaque communauté a apporté ses recettes. Plutôt métissé et épicée grâce au fameux piment de cayenne !

On va y trouver souvent le blaff (court-bouillon), pimentade (court-bouillon à la sauce tomate), rôti cougnade (as de passion grillé) et les fricassés (ragout de viande).

Les desserts sont souvent des sorbets des fruits locaux comme le maracuja (une sorte de fruit de la passion), très bon.

Au niveau des boissons vous vous doutez bien que le rhum est de rigueur, pour une ambiance encore plus caliente, la caïpirinha !

Je conseillerais l’Oasis, restaurant à Remire-Montjoly offrant une vue imprenable sur l’océan. Les crevettes, façon pimentade, sont top !

Il y a beaucoup de food trucks sur Cayenne, notamment autour de la place des palmistes. J’en ai testé un sur la route de montabo, tradition péruvienne au menu, une grande découverte ! Des plats plutôt agréables, de la salade au ceviche de poisson.

J’adore les pizzas, et c’est le plus grand manque que j’ai pu ressentir, cependant il y a un endroit qui en prépare d’agréables chez Pizza Montjoly. On les emporte sur la plage, c’est plus cool !

J’ai goûté un peu de cuisine vietnamienne chez Pho 88, les rouleaux de printemps sont à tombés et je vous parlent pas de l’ananas caramélisé.

Pour une dégustation japonaise, j’ai apprécié le Sushi bar sur Cayenne, la terrasse y est agréable et la présentation des plats est plutôt sympas.

L’ambience européenne au bar des palmistes, séductrice et agréable par l’atmosphère coloniale. Le style Nouvelle Orléans, donne envie de s’y installer un moment pour prendre un verre ou manger.

Pour les métros pas très aventurier, il y a moyen de trouver quelques coffee shop notamment le NATH café, thé & Co.

Bien-être en Guyane …

Je découvre l’association Kaido proposant des cours de Méditation, de Yoga, de Zazen et de Reiki.

Il y a des soirées où praticien et patient (en mode découverte) se rencontrent dans ce lieu plutôt atypique, et c’est agréable de pratiquer à l’extérieur (sauf pour les moustiques).

Cela me permet d’exercer mon premier niveau Reiki en attendant le prochain !

Effectivement, je trouve au contact de Carole (association coeur de Reiki) une rencontre formidable, humaine, simple et spirituelle.

 Je passe mon deuxième niveau Reiki, me donnant accès au statut de praticienne. So Happy !

A la recherche d’un temple tibétain … Il n’y en a pas, cependant, je vais à la rencontre de l’association Docteur Trogawa Rinpoche, dirigé par Thierry Lâ. Une semaine après mon arrivée, il y a plusieurs enseignements (yoga, mantra, bols tibétain,…) qui seront transmis par ses soins pendant une semaine à Cayenne.

Je participe, entre autre, à celui du Yoga Prânayama, une technique qui m’a toujours fascinée.

La maitrise du souffle !

Transmission …

Quelle chance exceptionnelle de pouvoir recevoir les enseignements d’un yogis (mais pas que) sur la totalité de son séjour en Guyane.

La première fois, j’arrive dans une grande maison, aménagée pour l’évènement (des drapeaux tibétains, thangka, …), en Guyane, il n’y a pas de centre alors, il y a différents accueils chez les uns et les autres. Un homme d’une grande simplicité arrive, Thierry-Lâ Beaudeau.

Enseignant dans divers domaines dans l’esprit de Sangyé Menla (Bouddha de la médecine).

Un lama des temps moderne ?

Je m’attendais à un maître vêtus d’orange et de blanc, voir pourpre et plutôt le crâne rasé, mais c’est génial, il a sa propre identité.

Très observatrice, je regarde les personnes qui arrivent, je suis encore la plus jeune (…) ! J’aimerais bien parfois qu’il y ai des gens de ma génération pour pouvoir partager ces expériences. J’e souhaite vraiment pouvoir transmettre ce que j’apprends au cours des voyages pour permettre à chacun de s’ouvrir à soi.

Je participe à un premier enseignement, celui du Yoga Pranayama, la maitrise du souffle, de l’énergie par la respiration. Très attentionnée et concentrée, j’observe chaque geste pour en apprendre le plus possible.

Comme si son visage m’était familier, comme si on avaient déjà fait chemin ensemble. Intéressant.

Un moment de partage intense sur lequel je reviendrais plus tard !

Chill … 

Je découvre les plages, surprenantes, pas forcément paradisiaques mais plutôt sauvages.

Souvent seule ou peu nombreux, ces endroits seraient probablement bondé de monde ailleurs.  Les températures sont agréables, plutôt en fin de journée pour éviter le cagnard sud Américain (30 °C tous les jours, y compris l’eau).

La plage de La Saline à Remire-Montjoly est séparée au fond par la nature rocheuse et arborée, très paisible offrant de magnifiques couleurs à la tombée de la nuit, sans parler des nuits magiques en pleine lune.

Celle de la route des plages, connue pour la période de ponte des tortues, propose des balades en canoë pour se rendre sur les iles en face. Une marche le long de la plage sous les palmiers est juste à tomber notamment à marrée basse, attention aux coco qui tombent !

Les couleurs au coucher du soleil sont juste sublimes, des variétés de bleus, d’ocre rayonnant avec le sable de couleur oranger. L’eau, n’est pas bleue, plutôt boueuse dûe aux nombreux fleuves aux abords se jetant dedans.

Alors prêt pour un bain de boue ? Aller l’eau est chaude !

Je ne m’étais jamais baigné dans des eaux troubles, finalement j’ai fais le plongeons…pas longtemps mais quand même… et sans crier !

Je me découvre encore plus à l’état sauvage on va dire, loin des eaux cristallines.

Il est préférable de se lever tôt (5-6h) afin de profiter de la fraicheur matinale, alors tous les jours, je vais jusqu’à la plage pour méditer et pratiquer le Prânayama !

La marche méditative … 

Aventure dans la forêt !? On va dire que je n’ai jamais trop apprécié la forêt et encore moins y marcher.

Maintenant ? J’ai réussis à dépasser certaines peurs, oserais je dire. J’apprécie vraiment marcher en pleine conscience au coeur de cette forêt magique. Ce sont des moments de connexions et de méditations uniques.

Rorota, un sentier entre mer et forêt, la vue y est vraiment surprenante d’ailleurs, on ne s’y attend pas. Je suis là, dans un des milieux les plus hostiles de la planète … l’Amazonie. Je suis vraiment au contact des animaux, plus ou moins gros et plus ou moins dangereux, je vais me rappeler uniquement des petits singes qui ressemblent à des bébés (impossible de les avoirs en photo).

On est sur des sentiers balisés, donc pas d’aventure en dehors ! Chacun son territoire.

Au bout de 20 minutes de marche, on a le droit à un paysage sauvage sur les hauteurs de Remire, offrant une vue sur l’océan, et il parait presque bleu de la haut.

Loyola, un lieu resplendissant, digne des peintures romantiques, tout un aplat de couleurs extraordinaire, surtout en fin de journée vers 17h. Les couleurs roses, orangers, bleutés, traversant les feuillages aux multiples verts… j’aurai pu y passer des heures à regarder ce paysage. D’ailleurs, j’y ai passée quelques heures et l’appareil photo m’a lâché avec la carte SD, évidemment.

Au bout de quelques minutes de marche, on arrive sur l’ancien lieu d’habitation des jésuites de Loyola. Des ruines au milieu des arbres fraichement coupés par un Monsieur faisant partie d’une association pour la préservation de ce lieu remplis d’histoire.

Ensuite, j’atteins le fromager, cet arbre immense me faisant penser aux baobabs ! J’aime ce lieu resplendissant qui me servira de lieu pour de nombreuses méditation, en attendant de le revoir un jour.

Villes de Guyane … 

Je n’ai pas vraiment visité de ville en Guyane (pas trop de tourisme), à part Cayenne, Roura, et Cacao.

J’ai une certaine préférence pour la marche auprès de la nature plutôt que dans les villes, peu attrayante et souvent trop chaude à cause de l’urbanisme. D’ailleurs, il y a un sentier qui part de Cayenne, celui de Montabo, offrant une belle vue sur la côte.

Cayenne, ville qui a sont charme par son architecture atypique et colorée, laissant l’histoire me traverser lorsque je me balade dans les rues.

Il y a quelques évènements culturels qui permettent à la ville d’être un peu plus vivante, puisqu’il n’y a pas beaucoup de tourisme.

Notamment la biennale de la photographie qui m’a beaucoup plus. Il s’agit d’une rencontre entre différents artistes d’Amérique du Sud où j’ai pu découvrir Jesus Abad Colorado, photographe Colombien travaillant la photo noir et blanc… un pur plaisir.

A Cayenne, le bar/restaurant les palmistes est plutôt agréable, atypique, une bâtisse conserver dans l’histoire du temps, incontournable.

Roura, bourg créole est une ville calme ayant des maisons colorés, une belle église et un fleuve praticable en fonction des « saisons ». La route est agréable, surtout lorsque je passe l’énorme pont pour retrouver la ville, je suis face à l’immensité du fleuve Oyak.

Cacao, ville hmong tellement atypique, ayant une belle chapelle et une vue qui domine les pleines depuis les hauteurs de l’Amazonie !

Un peuple d’Asie des montagnes du Sud de la Chine, du Vietnam et du Laos, qui a été migré sur les terres d’Amérique du Sud.

Cette communauté a su dominer la terre, et développer un commerce important en Guyane de fruits et légumes. D’ailleurs vous pouvez profiter d’un marché de fruits/légumes et de l’artisanat tous les dimanches matin. Un musée incontournable, celui des insectes qui a de quoi vous faire quelques frayeurs !

Pour les moins courageux … Le bourg et l’église, mérite une visite.

La route du trajet est vraiment magnifique, peu de trafic, de la nature à perte de vue… FREEDOM !

La route …

Je pars pour un week-end un peu particulier, avec l’association Docteur Trogawa Rinpoche, pour divers enseignements avec Thierry-Lâ.

 La route qui mène vers Saint-Laurent-du-Maroni, en direction du Suriname, semble tout droit sortie d’un film d’aventure.

Un beau road trip longeant l’océan Atlantique par une des seules route du pays, passant par Kourou, Sinnamary et la plaine sauvage où le soleil se couche.

Des paysages magnifiques, une nature comme il n’existe quasiment plus sur terre (apparemment), quelle chance d’être là !

J’arrive sur le site de l’Auberge d’Angoulême, pénétrant dans une forêt aux arbres grandioses avec en fond le bruit des animaux.

Un endroit à part, coupé du monde, au bord du fleuve de La Mana. Situé sur une colline dominant le fleuve, je me trouve dans un univers à part, avec pour seule occupation, Moi.

Je partage mon lit avec les bêtes puisque les carbets, de construction traditionnelle nous offrent seulement un toit et une belle moustiquaire pour survivre aux attaques! ahah!

Le carbet situé au bord du fleuve, en bas du site,… les escaliers raides mais la vue est juste incroyable, vraiment à faire !

Le lieu est agréable, calme et pittoresque, d’un calme saisissant. Les repas sont préparés avec grand soin par Maryse, responsable du site.

Je vous laisse imaginer la particularité des nuits étoilés et du soleil couchant …

En ce lieu… indescriptible, je participe à un week-end de purification. Sur ce moment, des enseignements de yoga du souffle, et diverses pratiques tibétaines sous le regard de Sangyé Menla, par Thierry-Lâ.

Quelques jours pour prendre du recul sur notre quotidien, être face à soi et à l’intérieur de notre être. Nous sommes dans le silence et le jeûne, à écouter, apprendre et comprendre les différents enseignements du Dharma et de yoga, notamment.

Des heures qui semblent longues, parfois interminables lorsque la fatigue prend le dessus sur la concentration.

Une date importante pour un grand nombre de personnes, puisque nous prenons refuge pour une période de 3 ans 3 mois et 3 jours. Il s’agit d’une retraite laïc qui permet à chacun de pratiquer quotidiennement les enseignements transmis, et à sa convenance chez lui.

Pour la première fois de ma vie je m’engage pour longtemps sur un beau chemin de vie !

Je pense qu’en Guyane, l’important n’est pas de courir après les attractions touristiques mais de ressentir les énergies, la connexion de l’Homme avec la nature afin d’être en phase avec soi.

Une nature unique comme chacun de nous …

A méditer sur le respect que l’on peut apporter sur tout ce qui est vivant !

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