L’expérience d’un rituel sacré


Quête spirituelle / vendredi, janvier 5th, 2018

A La Réunion, tous les ans des moines tibétains restent deux mois sur l’île afin de réaliser des mandalas.

Ici, nous sommes sous le bouddha de la médecine, Sangyé Menla, venant s’occuper de notre guérison matérielle et spirituelle.

Dans la salle de Saint-Gilles, certains moines créent, d’autres méditent et prient afin de renforcer la bodhicitta (esprit d’éveil) et ainsi bénir le mandala, qui sera offert aux Bouddhas et à l’univers.

Symbole important du bouddhisme tibétain, le mandala désigne (en sanskrit) un cercle, un centre, l’unité, la totalité, composé de diagrammes géométriques. Dans la tradition, tout ce qui existe provient d’une source d’énergie centrale, ainsi la construction des magnifiques mandalas fait partie de la pratique spirituelle.

De par ses formes complexes, le mandala possède une signification précise sous un grand thème, comme par exemple celui de Sangyé Menla, Bouddha de la médecine. Généralement, seul les moines sont en capacité de comprendre le mandala puisqu’il est nécessaire d’avoir une compréhension avancée de la pratique pour le déchiffrer.

A l’aide d’un Chak-pur (petit outil en forme d’entonnoir), le mandala est réalisé. Cet technique permet de déposer le sable quasiment grain par grain avec une précision incroyable pour réaliser une oeuvre éphémère.

Les grands signes auspicieux bouddhistes apparaissent, dont un que j’ai de tatoué… le noeud sans fin. Submergée par de grandes émotions, comme enlacée par une paix et un amour immense.

Le mandala est ensuite « détruit » et le sable est rassemblé devant tout le monde pour une offrande spirituelle. Lors de la destruction du mandala, on écoute les chants de prière en se mettant en méditation pour ressentir au plus près les vibrations.

Avec les copains, sommes juste derrière les moines face au bouddha, dans le silence, attentionnés, et dans le ressenti du moment.

Après la destruction du mandala, une partie est remise à son élément naturel, la mer. Alors nous suivons les moines pour la méditation face à la mer qui reprendra son sable sacré.

« Toute chose est rendue à l’univers, toujours. »

Je ferme les yeux, le chant des moines résonne dans mon corps, m’offrant un moment unique et inoubliable.

Rituel sacré dans les monastères qui n’a lieu qu’à de très rares et exceptionnelles occasions, la confection d’un mandala se fait uniquement selon la tradition à l’aide de sable coloré. Pour les moines tibétains, ces œuvres d’art d’une grande complexité sont un outil de méditation et leur réalisation fait partie d’une pratique spirituelle ancestrale bien définie, offrant un moment d’introspection et de concentration sur ses émotions.

Les mandalas sont le symbole de l’impermanence des choses et sont ainsi là pour nous rappeler que tout est éphémère… Une notion importante dans la tradition bouddhiste, qui doit nous amener à accepter que tout soit éphémère et à comprendre que la souffrance trouve son origine dans l’attachement aux biens comme aux personnes.

« On ne peut pas le conserver, car rien n’est permanent … il est important de comprendre que tout est impermanent » …

A la fin de la cérémonie, nous prenons un mala dont les bénéfices seront reversés aux moines afin qu’ils puissent poursuivre leur chemin. Nous allons bénir nos objets et récupérons un peu de sable du mandala afin que nous puissions être protégés où que nous soyons.

Ce sont des moments tellement simples, à la fois tellement puissant, d’entendre, de voir, de sentir tout ce que dégage de telles cérémonies sacrées.

J’aime profondément faire partie de cette communauté qui m’apporte tant à chaque instant.

Ce sont des moments avec lesquels je pourrais me conforter dans les moments les plus difficiles, gravés à jamais avec mes amis, ma famille de coeur.

 

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