La pratique Bouddhiste au Temple Tibétain


Quête spirituelle / lundi, janvier 1st, 2018

Après beaucoup de temps de méditation et de recul sur tout ce qui avais fait ma vie d’avant, je suis partie en voyage avec Dharmanas (mon nouveau « prénom »).

Pourquoi vous allez me dire ?

En quelques mots… Dharma, en sanskrit, se réfère à ce qui guide, ou sauve l’esprit de la souffrance.

Temps méditatif …

Dans les premiers temps, je pratique tous les jours la méditation au coucher et au lever du soleil. Lorsque j’en ai l’occasion à La Réunion, je le fais face à la mer, qui donne envie de s’offrir un moment pour soi.

Je récite souvent des matras notamment celui de notre cher Dalaï Lama (OM MANI PADME HUM), celui de Tara Verte (OM TARE TUTTARE TURE SOHA) et parfois de Padmasambhava (OM AH HUM BENZA GOURU PEDMA SIDDHI HOUNG).

Ne me demandez pas pourquoi, je ne sais d’où cela me vient de me protéger avec tous ces mots, mais cela me semble naturel en quelque sorte !

Lorsque je déménage pour la colocation à Mont-vert, au dessus de Saint-Pierre, au sud de La Réunion, je tombe à côté du temple, le seul temple  bouddhiste tibétain d’Afrique.

Depuis mon arrivée, n’ayant pas de moyens de transport je n’avais pas pu m’y rendre, mais tout vient à point à qui sait attendre. Alors je participe à différents enseignements afin de m’immerger dans l’univers des chants et des vibrations tibétaines.

Temple bouddhiste …

L’association Takchen Tcheulang Tsokpa, lieu où l’on enseigne le Grand Véhicule, fondé en août 2010, est placée sous la direction spirituelle de Do Khyentsé Rinpoché, maître tibétain de la lignée Nyingmapa, le président d’honneur.

Tenpi Gyalmo, assistante et traductrice de Do Khyentsé Rinpoché,  qui a effectuée deux retraites traditionnelles de 3 ans au monastère de Kundröling, assure la traduction du tibétain en français de ses enseignements et de ses entretiens.

Tout au long de la pratique, Tenpi explique en français ce que lui transmet Do Khyentsé Rinpoché, ce qui immerge le pratiquant dans une autre culture, un autre monde fascinant.

L’association rend accessible les enseignements bouddhistes, d’ailleurs j’ai emmené Sidney avec moi à une pratique qui était vraiment novice.

Il y a un bel accueil, des gens agréables, souriant, qui savent nous expliquer et nous intégrer facilement. Il y a la possibilité d’avoir une transmission authentique du bouddhisme tibétain permettant de suivre un chemin complet d’étude et de pratique.

Les méditations et pratiques sont ouvertes à tous la première fois, après il faut être adhérent. Lors des pratiques l’on est assis dans une posture de méditation, et l’on récite des prières et des mantras.

Des pratiques régulières ont lieu et sont généralement réglées selon le calendrier lunaire tibétain, notamment pour « Deutchen » célébrant l’activité d’un Bouddha.

Photographie Tcheulang

Les pratiques …

Padmasambhava

« Guru Yoga » signifie en sanscrit : la pratique du maitre

Notre esprit vient s’unir avec celle du maître spirituel !

Padmasambhava, pour la lignée Nyingma est le grand maitre qui a apporté le bouddhisme Vajrayana au Tibet, l’incarnation de toutes les qualités pures d’un être éveillé.

La Tsok

Le mot tibétain tsok fait référence à un rassemblement, celui des yogis et yoginis, les pratiquants des mantras secrets, qui viennent célébrer le Yidam.

Moment de fête entre les pratiquants autour d’un partage d’offrande de nourriture, on dispose les offrandes de nourriture devant l’autel destinée à l’assemblée de divinités.

Cette pratique a lieu tous les mois, le 10 ème et le 25 ème  jour du calendrier lunaire Tibétain au cours desquels il est particulièrement important pour les pratiquants d’effectuer une offrande de tsok.

Le 10 ème  jour correspond à l’offrande de tsok à Padmasambhava, cycle de la lune montante, l’aspect masculin.  Le  25 ème jour, celui de Yéshé Tsogyal, correspond au cycle de la lune descendante, l’aspect féminin.

C’est un moment particulier, où l’on imagine que les divinités viennent consommer la tsok à travers la lumière, la bénissent et en espèrent l’essence correspondant à la dévotion des pratiquants.

Une fois bénie par les divinités du mandala, les offrandes se transforment en un nectar d’accomplissement, que les participants consomment à leur tour, avec respect et avec  la conscience qu’il s’agit d’une médecine pour l’esprit.

Il faut cultiver la vision pure … au cours de l’offrande, il est important de s’entrainer à percevoir le lieu comme le palais de la divinité, le maitre comme la divinité, réceptionnant l’essence du son sacré du mantra de la divinité. Chaque pratiquant se visionnant sous sa forme déjà éveillée, daka pour les hommes, dakini pour les femmes.

Cette pratique est un moyen puissant pour accumuler des mérites, écarter les obstacles liés à notre pratique et purifier nos samayas, les liens ou les engagements que l’on a créés avec son maître spirituel, les frères et sœurs de pratique, et notre yidam.

Le Dutchen

Ces quatre dutchen correspondent à quatre grands moments qui ont marqué la vie du Bouddha Sakyamuni (bouddha originel).
Le mot  » duchen « , en tibétain est composé de « du » , traduit par temps, période, saison et « chen », vient de « chenpo » qui signifie grand.

« Duchen » est souvent traduit par jour sacré ou jour auspicieux.

Chotrul Duchen :
Célèbre les miracles accomplis par le Bouddha alors qu’il était défié par des non-bouddhistes. Il a lieu pendant le premier mois du calendrier lunaire tibétain, le jour de pleine lune.

Saga Dawa Duchen:
Commémore la naissance, l’éveil et la mort du Bouddha. Il a lieu le quatrième mois du calendrier lunaire tibétain, le jour de pleine lune et il est considéré comme le plus important des 4 duchen.

Chokhor Duchen:
Célèbre le premier enseignement donné par le Bouddha, sept semaines après son éveil, à la demande des dieux Indra et Brahma, « Les quatre nobles vérités ». Il a lieu pendant le sixième mois du calendrier lunaire tibétain, le quatrième jour.

Lha Bab Duchen:
Célèbre son retour sur la terre depuis le monde des dieux. Alors que sa mère, après son décès, avait repris naissance dans le monde des trente-trois dieux, le Bouddha l’a rejoint pendant trois mois pour lui enseigner le Dharma, ainsi qu’aux dieux.  Il a lieu pendant le neuvième mois du calendrier lunaire tibétain, le vingt-deuxième jour.

Les mérites accumulés pendant ces duchen sont multipliés par 10 millions, puisque toutes les pratiques sont dédiées au bénéfice de tous les êtres, génératrices de grands bienfaits.

La Sangue

Signifie purification en tibétain, favorisant la réussite d’un projet, l’accomplissement d’un souhait, la chance, la victoire, le charisme, la renommée, etc.

C’est une pratique qui se fait le matin, pendant le cycle de la lune montante, il n’y a pas de jour fixe comme pour les autres pratiques, le moment est déterminé par une combinaison favorable des 4 éléments, terre, eau, feu et vent.

Au cours de la pratique, chaque participant récite dans le temple, le texte du « Riwo Sangtcheu », parallèlement à l’extérieur, un feu est préparé où est offert du cyprès (arbre sacré) et une série d’offrandes (farine, miel, beurre, sucre, mélasse, yaourt et tissu).

Le mantra OM AH HOUNG est récité par les participants afin que toutes les conditions négatives et les obstacles soient purifiés.

Les syllabes :

« OM » purifie l’offrande des impuretés

« AH » transforme l’offrande en nectar

« HOUNG » la multiplie à l’infinie

Des syllabes que l’on retrouvent au début du mantra de Padmasambhava.

Photographie Pinterest Padmasambhava

 

« La réalisation réside dans la pratique. » Bouddha

 

 

 

 

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