La Réunion, Suivre mon instinct pour survivre


Récits d'aventures / mardi, juillet 25th, 2017

Après quelques mois où l’idée de changer de vie me domine, je décide de suivre mon instinct après mon voyage à Lisbonne.

Débarquement le 11 mai 2017 sur ce fameux caillou au milieu de l’océan indien, l’île de la Réunion ! A la recherche du calme, d’endroits paisibles, d’une vie à taille humaine, … tout l’opposé de ce que je vis.

Je rejoins mon vieux pote de « jeunesse » installé sur l’île depuis quelques années maintenant. Cet endroit me semble parfait pour ma retraite spirituelle, me trouver et avancer en profitant de moments simples.

Je voulais tout changer, et bien tout a changé ! Je dispose de peu de vêtements, le nécessaire en produits de toilettes, pas de sèche-cheveux ni de fer à lisser pour les brushings. Evidemment restreinte par le poids de la valise je dois faire le choix.

Ici, on s’en fiche de notre façon d’être coiffée, maquillée ou habillée, d’ailleurs les filles ici sont très naturelles (et belles). Je perds vite mes habitudes de nana hyper apprêtée, la tenue impeccable et le make up irréprochable. D’ailleurs je me sens vraiment moi-même de cette façon, pas de superficiel.

Finalement, je n’ai pas besoin de beaucoup de choses, puisque tous les jours je suis en short et havaianas. Qui n’en rêve pas?

Vue mer … la case

Pour me rendre dans le Sud, le bus a emprunté la fameuse route du littoral, offrant un panorama incroyable sur l’océan.

A ce moment-là, je me dis « je l’ai fait, je suis partie à l’autre bout du monde ». Parfois je n’y crois pas encore, c’est vraiment étrange comme sensation.

Je me localise à Saint-Pierre sur le front de mer, ville atypique entre la côte Ouest touristique et celle, sauvage, de l’Est. Bon l’appartement est juste top, vue sur mer, piscine et à proximité de tout, l’idéal étant donné que je n’ai pas de voiture, un autre grand changement.

L’arrivée n’est pas simple, plus de repères, aussi bien au niveau du climat (usant physiquement), que de la vie en général. La première semaine je n’arrive pas à tenir mes journées comme en métropole, je me couche tôt, étant donné que les journées sont courtes.

Le soleil commence à se coucher vers 17h, ce qui crée un gros décalage même s’il n’y a que deux heures de plus par rapport à la France. Je suis quelqu’un qui se couche plutôt tard, après avoir bu l’apéro en terrasse et un repas vers 21/22h en général. Mami Nas’ dort à 22h, pour un lever à 6h ! Bon le rythme pépère ne dure pas longtemps !

La simplicité qui est mise à notre disposition en métropole, devenue normale, manque. Le fait de devoir commander un livre deviens tout de suite moins évident, Amazon ne livre pas, ils sont plus onéreux sur place et la commande ne se fait pas. Maman s’occupe des livraisons à domicile depuis la métropole, évidemment.

Pour les vêtements, j’arrête le shopping, toutes les collections sont démodées ou vraiment trop chères pour la qualité. Finies les courses de dernières minutes au Monoprix, il faut tout prévoir à l’avance et surtout avant 19h. Plus de samoussa sinon!

Cependant, je ne regrette pas le troc, les gens sont gentils, accueillants, on a envie d’apprendre à vivre comme eux, en toute simplicité dans un cadre presque paradisiaque.

Au marché sur le front de mer de Saint-Pierre …

Pour moi, l’alimentation n’est pas évidente, la plupart des plats sont à base de viande, notamment les caris et le rougail. Ce sont des plats à base de riz agrémentés de grains (lentilles, haricots secs) et d’un mélange d’épices avec de la viande ou du poisson (plus rare). Le snack est une tradition ici, entre les bouchons et les samoussa vous êtes servis, mais bonjour la cellulite ! Les premiers temps j’en mange pas mal des samoussa notamment ceux aux fromages et à la pomme de terre, QUE BUENOOOO !

Etant végétarienne, je me venge sur les fruits tropicaux et tout ce qui est sucré, même si ce n’est pas vraiment healthy.

L’alimentation dans les supermarchés et les autres produits d’exportations, sont très onéreux comparés à la métropole, alors il faut manger local.

Tous les samedis matin, je me rends au marché sur le front de mer, à deux minutes à pieds d’où je vis, me faisant un plaisir de découvrir de nouvelles variétés.

Bon, la première fois, je me suis dit mais comment je vais cuisiner toutes ces choses, finalement on s’adapte assez vite. Je n’ai pas forcément la cuisine idéale on va dire, alors on fait avec ce que l’on a, en mode patate douce et curry !

En France, je suis une addict des marchés mais les produits y sont souvent chers alors là je me fais plaisir, on trouve les ananas victoria (les meilleurs) à un peu près 3 euros le tas de 4, bon marché. Je vous avoue que la nourriture française, italienne et japonaise me manque terriblement mais il faut faire avec!

Je ne vais pas vous cacher qu’en métropole, je ne mange quasiment que des produits italiens et du fromage, étant donné le prix de ces produits devenus du « luxe », je suis presque végan. J’oublie vite le fromage, le bon vin rouge et mes fameuses tomates mozzarella, que j’aime tant ! J’en mange tellement habituellement, qu’on me disait souvent que je finirais par me transformer en tomates/mozzarella…

Comme un poisson dans l’eau …

Les premiers temps, je coupe tout contact avec la métropole, les réseaux sociaux pour me sentir juste avec moi-même. Les journées sont longues lorsque l’on est pas connectée, on ressent les choses de façon différente, une obligation de s’écouter et de prendre du temps pour soi. On est souvent à côté de la vraie vie lorsque l’on reste collés à notre écran genre … 80% de notre temps libre (et encore).

Je me suis toujours sentie en phase avec la nature à certains moments, comme un besoin de respirer, mais je ne savais pas profiter des choses simples permettant à mon être de se sentir bien. Sur cette île, je profite enfin du silence de la nature que je sens défiler sous mes pas.

Chaque matin, je prends du temps pour aller méditer sur la plage et nager dans le lagon de Saint Pierre. Pour la première fois, je savoure chaque instant.

Je prends les palmes, le tuba et c’est parti pour une nage quotidienne à contre courant (au sens propre comme au figuré), puis relaxation et méditation sur la plage en regardant ce qui m’entoure.

J’accepte le silence, le calme et surtout de ne rien faire pour une fois. Il est vraiment nécessaire je pense, pour chacun d’entre nous, de prendre le temps d’être vraiment où nous sommes, d’arrêter notre téléphone et de se mettre dans l’instant présent.

Rencontre atypique …

Chaque matin aux aurores, je vois cet homme creuser dans le sable avec persistance, au début je l’appelle Sparrow. Finalement, je décide d’aller à sa rencontre en essayant de ne pas passer pour la touriste blanche allant prendre des photos de lui.

Un lien se crée avec cet homme, d’un certain âge, avec une forme olympique et un franc-parler. Il creuse tous les matins à la recherche de vers de mer afin d’en avoir suffisamment pour aller à la pêche sur l’Etang-salé, dans l’Ouest. Un personnage simple, qui parle à coeur ouvert de la vie pas évidente sur cette île, notamment pour le travail.

L’instant …

Les plages ne sont pas bondées de monde alors je peux tous les soirs aller profiter du coucher de soleil, bercée par l’unique bruit des vagues et de quelques enfants qui se jettent à l’eau après l’école.

Je me balade sur le front de mer, dans une marche méditative qui fait du bien, ressentant la brise de l’hiver austral. Lorsque les derniers instants de soleil tendent à disparaître, je m’installe pour les dix dernières minutes face à lui en méditation.

Les couchers de soleil sur l’île sont absolument magnifiques … Sa taille, la sensation que cela provoque en nous de voir le soleil de cette façon, je n’avais jamais vu cette beauté.

Une expérience à vivre tout comme les nuits étoilées qui le prolonge, offrant un ciel éclairé incroyablement unique.

2 réponses à « La Réunion, Suivre mon instinct pour survivre »

  1. Fabuleuse cette lecture ! Tu m’as emporté par tes mots , tes photos dans un autre univers… C’est difficile lorsque l’on arrive au dernier mot, puis un point ! On a envie que le voyage se poursuive… Merci pour ce moment de bonheur… Des bisous…

  2. Bravo Nasthasia ! Tes articles sont écrits avec une grande sensibilité. On sent que tu parle avec ton coeur et tes émotions, et c’est beau. Par tes mots, tu arrive à nous faire partager ce que tu vis. Vivement les prochains articles !

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