Lisbonne, Sur le chemin des bons souvenirs


Récits d'aventures / mardi, juillet 18th, 2017

Après un passage difficile et une grande réflexion sur moi-même, rien de mieux que de s’envoler pour son pays d’origine, le Portugal.

10 ans après quasiment, je ressens ce voyage comme un guide, comme si le fait de retourner sur les traces de mes plus beaux souvenirs, celui de mes grands-parents et de ma mère, me permettrait de me donner l’énergie nécessaire pour la suite.

Il y a vraiment des passages dans la vie qui sont extrêmement compliqués à passer pour tout un tas de choses, mais parfois il suffit de se poser une unique question … Que vais-je chercher à l’extérieur que je n’ai à l’intérieur ?

Ces moments au Portugal plus jeune, on été d’une forte intensité qui m’amène aujourd’hui à voir cet endroit autrement.

A l’époque, j’aime aller là-bas pour le dépaysant, et à vrai dire, je n’avais pas vraiment beaucoup d’option en voyage. Ma mère travaillait beaucoup, alors je passais mes vacances avec ma tante et ma cousine.

J’ai fait une sorte de road trip en famille de Lisbonne à l’Algarve, où ma tante nous  a fait découvrir les endroits qu’elle aime à Lisbonne, devenant les miens en grandissant.

D’ailleurs, ce sont les meilleurs moments que j’ai pu vivre puisque j’étais libre de sortir, de rencontrer des gens alors qu’en France j’étais plutôt privée de sortie (j’étais effectivement un boucan!). J’avais déjà le voyage dans la peau mais j’attendais le bon moment, celui où mes peurs s’envolent.

Des moments qui prennent leur importance en grandissant, puisque ce sont des moments qui m’ont fait partager la joie d’avoir une soeur que je n’ai jamais eu, ma magnifique cousine.

La vie m’a offert la « solitude » pour pouvoir créer les liens nécessaire à mon équilibre. 

Ces churrasqueiras, rappelant les rassemblements familiaux autour de plats à ne plus en finir, éternisant les repas sous un niveau sonore plutôt incroyable. Un  joyeux bordel où notre grand-mère souhaite absolument nous faire prendre 3 kg parce qu’on est trop mince !

Mon périple…

Marchant sur les derniers pas effectués quelques années auparavant, je ressens ces moments comme si c’était hier. Les odeurs, les vues, les gens,… juste être là.

Aujourd’hui, j’ai ces instants où j’ai envie de revenir sur le passé pour comprendre ce qu’était le bonheur passé pour la simple et bonne raison que je le trouvais infime. Qu’est ce que je ressens là-bas ? Comment je me sens?

Finalement, j’y ai découvert à nouveau tous ces endroits d’une certains authenticité offrant un moment particulier à chaque passage dans ma ville de coeur.

Je  pense aujourd’hui qu’il est vraiment nécessaire d’entretenir le lien avec nos origines, nos racines familiales quel quelles soit. Dans mon coeur, je créée mon point de repère, celui qui me rattache aux bons souvenirs comme aux moins agréables. Le plus important c’est de savoir se situer et d’en tirer la meilleure expérience possible pour pouvoir Etre.

PS : J’ai écris un jour à un ami :  » A la recherche de mon voyage, Sur les traces des bons souvenirs ».  

Marcher dans ces ruelles colorées, revoir les façades en azuléjos, son atypique tramway, sans parler de la dégustation des pastéis de nata, Lisbonne est la ville parfaite.

Bairro Alto by night …

Je décide de me loger en plein coeur de la ville (Airbnb), à Bairro Alto là où les Lisboètes sortent le soir pour prendre un verre où écouter le fameux Fado.

Ce quartier, c’est le coeur, on a envie de vivre le Lisbonne by night, de marcher dans les rues jusqu’à pas d’heure, s’arrêtant dans un bar ou dans un restaurant atypique afin de goûter à la vie locale.

Une petite faim …

J’ai envie de me trouver dans un endroit où je me sens chez moi, où l’on ne mange absolument que des plats portugais, me rappelant ces moments en famille.

Je me dirige vers la churrasqueira da paz, en bas du quartier du Bairro Alto dans la Rua da Paz, pas très loin de l’arrêt de métro du Chiado.

Elle figure parmi les meilleure churrasqueira de la ville. Comme dans les meilleurs endroits, il y a un peu d’attente, mais il faut vivre ce moment. On rentre dans l’univers portugais, on y cuisine les traditionnelles sardines grillées, la morue, ou les viandes, en demi ou grande portion. Je vous conseille la demi, les portugais n’ont absolument pas la même notion que nous au niveau de la quantité.

D’ailleurs, quand on se réunit chez mes grands-parents les repas s’éternisent jusqu’à 16h, dans un brouhaha où se mélange le français et le portugais. Ici, on a la même ambiance niveau sonore !

L’extravagance du Chiado …

Une longue balade dans le quartier voisin du Chiado la nuit, un moment agréable permettant de découvrir la splendeur des monuments illuminés. Pour les addicts du shopping, c’est le lieu idéal pour se faire une après-midi à dépenser jusqu’au dernier centimes, avant de repartir bien entendu. Je sais que je ne fais jamais les choses à moitié, toujours plus. A ce moment là, pour moi, il est temps que je fasse des économies (pour une fois) au vu de mes projets à venir.

Dans un recoin de la rua do Carmo, on se trouve face à l’ascenseur de Santa Justa, monument incontournable de Lisbonne qui semble s’implanter dans le décor par hasard au milieu des bâtiments atypiques du XVI ème siècle.

Une construction métallique néogothique impressionne par sa grandeur verticale lui donnant une sacrée prestance dans le quartier.

Fascinée par l’architecture depuis toujours, j’ai entrepris des études en histoire de l’art et des formations pour être architecte mais finalement, j’écris un blog. Sûrement une passion de la construction venant de mon grand-père qui a passé sa vie à ériger des maisons de A à Z ( comme tout portugais à vrai dire, je préfère le dire avant vous).

L’exploration de Belem …

Direction Belem, pour déguster les délicieuses et authentiques Pastéis de Nata.

En attendant une heure convenable, je marche sur les pas des grands explorateurs portugais. En sortant du tramway au Monastère des hiéronymites, je tombe sur la splendeur de l’architecture du style manuélin.

Cet édifice a été achevé au XVIIème siècle, grâce aux taxes prises sur les épices orientales suite aux différentes expéditions vers les Indes de Vasco de Gama, soit 750 tonnes d’or chaque année.

Ce repas, attendu avec impatience depuis mon lever, arrive ! Je mange les pasteis de nata par deux sinon je ne m’imprègne pas assez du goût.

Je vous invite à aller déguster les authentiques Pasteis de Belem en dehors des heures habituelles de repas. C’est l’endroit incontournable de Lisbonne, il y a souvent une file d’attente énorme.

Ne désespérez pas ! Les meilleures choses se font attendre !  Vous pouvez également y manger salé dans une sorte de snack où tout est fait maison.

Et le Tage …

Si vous appréciez autant l’art que moi, prenez le temps de passer par le centre culturel du Belem lorsque vous partez du monastère pour rejoindre la Tour de Belem.

Un mélange d’architecture se mêle sur le trajet, nous faisant passer du style manuélin à l’architecture contemporaine, du Centro cultural de Belem.

Promenez-vous sur les bords du Tage afin d’admirer la mythique Tour de Belem, le Padrao dos Descobrimentos et le pont du 25 avril.

Des monuments érigés à des époques différentes mais qui semblent s’harmoniser par leur histoire. Ce pont, semblable à l’architecture du Bay Bridge à San Francisco, érigé sous le régime de Salazar permet de relier la ville aux plages, tel que Cascais.

C’est une sorte de Saint-Tropez, où à la nuit tombée on fait la fête sur la plage jusqu’au lever du soleil. Les portugais aiment faire la fête et savent la faire !

Vers l’Alfama …

Pour rejoindre le Miradouro de Graça, j’emprunte les petites ruelles colorées perpendiculaires à la rue Da Madalena afin d’admirer le street art. J’aime marcher dans les villes, je limite les transports aux grandes distances, pour ne pas manquer certaines choses et surtout les surprises qu’un lieu peu apporter.

J’accorde une grande importance à l’Art en général, mais celui-ci est à part. Il représente la pensée de l’artiste sur le moment, souhaitant le laisser à la portée de tous sans vouloir l’enfermer, ou le dédier à une certaine catégorie de visiteurs, il est juste là, pour nous.

Atypique …

Le quartier Alfama, le plus ancien de Lisbonne, se démarque par son côté atypique de rues étroites et colorées, instauré par les musulmans.

Une architecture pour laquelle je reste toujours fascinée par son côté à la fois simple et atypique, agrémenté du linge étendu au dessus de nos têtes.

Ici, tous les habitants se connaissent, comme dans un village. On les aperçoit assis à l’entrée de chez eux, profitant du frais de l’ombre du soleil, regardant la vie passer devant chez eux. Ils savent se contenter de ce qu’ils ont, profitant de l’instant présent.

Ce sont des moments qui font référence à mon adolescence où j’allais chez mes grands-parents dans le Nord du Portugal (un trou perdu) vers Bragança.  Tous les habitants du village passent une grande partie de leur temps dehors, notamment devant leurs portes afin de discuter avec tous leurs voisins (très bavards, les portugais).

Admirer ce qui m’entoure …

A l’issue d’une petite marche d’une bonne trentaine de minutes, après avoir traversé le quartier du château de Sao Jorge voilà cette vue tant attendue depuis l’église du Miradouro de Graça.

Lors de cette marche, je pense beaucoup à ma vie, à mon passé et à ce que je veux pour améliorer mon quotidien afin de ne plus sentir la peine. Il faut absolument que je démêle les choses qui me font du mal et surtout savoir pourquoi je me sens étrangère à cette vie.

Je m’installe au café du coin pour prendre le temps d’admirer la vue sur Lisbonne. Je respire, ressentant les bonnes énergies de cette ville face à cette magnifique vue.

Un moment tant recherché dans ce voyage sur les traces de mes souvenirs, à la recherche d’une nouvelle énergie sur ce qui me rattache au bon passé.

Ces instants de mon adolescence, où l’on marchait en famille sous la chaleur accablante de l’été, j’en avais marre, je devais probablement râler (comme d’habitude), et cela reste quelques années plus tard le plus bel endroit dans mon coeur.

C’est ce genre de moment où tu te pose dans le silence, à juste être là dans ce moment sans penser à quoi que ce soit.

Je ne suis pas croyante (catho), au grand désespoir de mes grands-parents, cependant j’aime me rendre dans une église afin de ressentir cette énergie de paix, de calme.

L’architecture d’un monument me laisse toujours dans un état d’euphorie, imaginant les générations passées construire un bâtiment avec minutie et beauté afin de rendre honneur en leur Dieu, leur guide.

L’incontournable …

Pour redescendre vers Bairo Alto, je prends l’authentique et mythique tramway de Lisbonne, vers une destination en mouvement.

C’est Lisbonne ! Ce tram qui s’arrête prendre les gens au passage, parfois pas à un arrêt, ceux qui s’accrochent derrière voulant profiter d’une vue sur leur ville à l’air libre, remués dans ce petit endroit typique, j’adore !

Vers des lieux atypiques …

Comme dans la plupart des grandes villes d’Europe, j’apprécie de prendre un verre sur un rooftop notamment dans des endroits qui sortent de l’ordinaire.

Lors de ce séjour, je m’arrête à The Decadente, situé au dessus du Miradouro de Sao Pedro de Alcantara, qui offre une vue imprenable sur le quartier de l’Alfama.

Un décor pub chic, l’on se retrouve dans un ascenseur étrange qui semble être le plus vieux de la ville dans un immeuble typique de Lisbonne décoré de papiers anciens.

Me voilà projetée dans une ambiance étrange, mais à la fois chic, jeune et décontractée pour prendre un délicieux cocktail ! C’est l’occasion pour y manger après une longue journée de marche à travers la ville dans une ambiance vintage, il n’y a que ça de vrai.

Un air d’enfance …

Je souhaite partager un autre endroit incontournable dans le genre décor décalé, le Pop Céréal café, situé dans le quartier du Bairro Alto.

Vous entrez dans un environnement rappelant l’enfance dans un décor très coloré où tous les Kellogs qui ont bercés notre enfance se trouvent à notre disposition.

Vous pouvez choisir un mélange de céréales, du lait de vache ou végétale, en l’agrémentant de bonbons, de fruits secs, etc.

Pendant des années, je dévalisais les rayons des supermarchés de la métropole à la poursuite de ces fameuses céréales mélangés avec des chamallows, les lucky charms. Les kellogs, tellement old school, j’adore !

Ma mère m’achetait tout le temps ces kellogs lorsque j’étais enfant, on en raffolait !

On a la possibilité d’acheter des paquets sur place, un peu cher (8 euros), mais il fallait que j’en envoie un à ma mère afin qu’elle les goûtent à nouveau.

Un peu d’histoire … Baixa

La Praça do commercio dans le quartier de Baixa, ressemble à ces grandes places que l’on trouve en Espagne, notamment à Madrid, la Plaza Mayor.

Entourée d’édifices, lieu du Palais au XVIème siècle, pour ensuite devenir des bâtiments symétriques du gouvernement, réglant les coutumes et les activités portuaires.

De là, surplombe une statue monumentale équestre dédiée au roi Joseph 1er, réalisé par Joaquim Machado de Castro, inaugurée en 1775.

L’architecture étant auparavant rose lors de la proclamation de la République en 1910, devenant jaune safran par la suite.

Une place remplie d’histoire, puisqu’elle est également le théâtre de l’assassinat du Roi Carlos et de son fils en 1908, également la place du premier soulèvement renversant le régime en Marcelo Caetano en 1974.

Cette place s’ouvre par l’Arc de triomphe vers le quartier de Baixa et sur le Tage par un embarcadère autrefois utilisé pour les embarcations vers les Indes.

A emporter …

La Casa portuguesa do pastel de Bacalhau, dans une décoration exceptionnelle de la conception du beignet de morue, on peut déguster sur place ou à emporter.

C’est la meilleure adresse où l’on peut savourer la recette originale de ce beignet traditionnel, nature ou agrémenté de fromage.

Ma grand-mère en faisait de délicieux, seulement pour les grandes occasions, à notre grand regret, puisque toute la famille en raffole tellement.

D’ailleurs, j’en ai emporté dans l’avion, je vous laisse imaginer l’odeur que les passagers ont dû supporter !

Les souvenirs passés font ce que je suis aujourd’hui, et ces quelques jours m’ont donnés ce que je recherchais … le courage.

Une fois dans l’avion, j’ai le coeur rempli d’amour et d’excitation, ma décision est prise, je veux tout chambouler dans ma vie !

 

4 réponses à « Lisbonne, Sur le chemin des bons souvenirs »

  1. Je rentre de Lisbonne. Merci pour ces magnifiques photos !
    Ma fille vit la bas depuis 20 ans, et nous y sommes allés une bonne vingtaine de fois…. votre témoignage est fidèle .
    Bravo

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